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Malaisie  : 1 500 réfugiés expulsés vers la Birmanie, l’ONU et les ONG s’inquiètent de leur sort

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un véhicule transportant des ressortissants birmans destinés à être rapatriés dans leur pays se dirige vers la base navale de Lumut, près de Kuala Lumpur, le 29 septembre 2026. ©AFP

La Malaisie a commencé, mardi 29 septembre, à renvoyer vers la Birmanie 1 500 ressortissants birmans détenus dans des centres de rétention, dans le cadre d’un accord conclu avec les responsables de ce pays. Cette première phase s’inscrit dans un programme qui prévoit le renvoi de près de 5 000 Birmans, présentés par Kuala Lumpur comme des retours « volontaires ».

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est toutefois dit « inquiet » de ces renvois, estimant que « les conditions actuelles ne permettent pas des retours sûrs, dignes et durables » en Birmanie. Le HCR a également rappelé qu’en vertu du droit international, nul ne doit être renvoyé vers un pays où il risque de subir des persécutions, la torture, de graves préjudices ou d’autres menaces pesant sur sa vie, sa liberté et sa sécurité.

Le sort des Rohingyas suscite une inquiétude particulière. Ni la Malaisie ni la Birmanie n’ont précisé combien de Rohingyas figurent parmi les 1 500 personnes renvoyées mardi. Quelque 160 organisations de la société civile ont pourtant appelé Kuala Lumpur à « cesser immédiatement les expulsions », mettant en garde contre les conséquences d’un retour en Birmanie pour cette minorité musulmane.

« On redoute malheureusement ce qu’ils vont subir en Birmanie. Les Rohingyas sont toujours apatrides, ils n’ont pas de nationalité en Birmanie », a expliqué Johanna Chardonnieras, de l’ONG Info Birmanie, signataire de cet appel. Elle a souligné qu’ils sont exposés, dans un pays en guerre, à la faim, aux risques de conscription forcée, de disparition, d’assassinat et de torture.

Les organisations de défense des droits de l’homme contestent également le caractère réellement « volontaire » de ces retours. Selon elles, les personnes concernées sont détenues dans des conditions difficiles, sans aucune perspective de sortie. « Est-ce qu’on parle vraiment de "volontariat", entre passer une éternité sans date de fin en détention en Malaisie ou retourner vers son oppresseur ? Je ne suis pas sûre », a estimé Johanna Chardonnieras.

Dans un rapport publié au début du mois de septembre, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, avait déjà estimé que les conditions permettant un retour volontaire, sûr, digne et durable n’étaient pas réunies en Birmanie.

L’accord conclu entre Kuala Lumpur et la Birmanie prévoit le renvoi de près de 5 000 ressortissants birmans, soit la moitié des 10 388 personnes détenues dans les centres de rétention malaisiens à la mi-août, selon le ministère malaisien de l’Intérieur. La Malaisie ne reconnaît pas officiellement le statut de réfugié et n’est pas signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

Selon le HCR, quelque 126 000 Rohingyas sont enregistrés en Malaisie, où ils représentent environ 0,4 % de la population. Des centaines de milliers de membres de cette minorité ont fui la Birmanie après l’opération militaire lancée en 2017.

Les expulsions interviennent alors que l’hostilité à l’égard des Rohingyas s’est accrue ces derniers mois en Malaisie. D’après les ONG, le programme de renvoi constitue notamment une réponse politique aux pressions et à la vague de haine visant cette communauté musulmane sur les réseaux sociaux et dans le débat public.

La société civile appelle ainsi Kuala Lumpur à revenir sur ces expulsions et à engager des discussions sur la situation en Birmanie, alors que les autorités malaisiennes poursuivent la mise en œuvre du programme de renvoi.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV